La coopération internationale à l’honneur à la Conférence RSAC 2026
La situation géopolitique de plus en plus tendue trouve aussi des échos dans le cyberespace : des échanges et une collaboration étroite à l’échelle internationale sont donc cruciaux. Lors de la Conférence RSAC 2026 organisée à San Francisco, Florian Schütz s’est entretenu avec des représentantes et représentants d’une quarantaine de pays au sujet de questions fondamentales liées à l’intelligence artificielle, à la réglementation et à la coopération internationale.
Dans le cadre de sa participation à la Conférence RSAC de cette année, l’Office fédéral de la cybersécurité (OFCS) s’est concentré en particulier sur les échanges techniques concernant les défis actuels et les évolutions stratégiques dans le cyberespace. Le forum international sur la cybersécurité, qui a réuni des représentantes et représentants éminents d’une quarantaine de pays, a constitué un événement central. Les discussions ont porté sur l’usage responsable de l’intelligence artificielle pour la cybersécurité – avec de nouvelles possibilités pour détecter les attaques mais aussi des risques accrus découlant de l’automatisation de ces dernières – et sur le développement de mécanismes de coopération internationaux. Il est clairement apparu que les approches communes visant à lutter contre les cybermenaces transfrontalières sont toujours plus concrètes et opérationnelles.
Un leitmotiv : Le pouvoir de la communauté
En sus de la conférence principale, qui avait pour fil rouge le pouvoir de la communauté, des tables rondes et des réunions de spécialistes ont également été organisées, parfois dans un cadre restreint et axé sur la technique. Les questions abordées incluaient la sécurité des applications d’intelligence artificielle, l’harmonisation des approches en matière de réglementation, la coopération internationale, l’échange d’informations et les cyberopérations coordonnées. Le thème de la « défense active », c’est-à-dire la lutte contre les cyberattaques par des contre-attaques, a fait l’objet de vives discussions. Dans le cadre de la conférence, d’importants sujets qui font polémique et sont également d’actualité en Suisse ont été abordés, à savoir les dilemmes entre sécurité et innovation, entre souveraineté nationale et coopération internationale, ainsi qu’entre le rythme des évolutions technologiques et la réglementation. La souveraineté numérique ne doit pas être comprise comme une volonté d’autarcie, mais comme une réflexion sur la manière dont les relations de confiance peuvent être préservées ou renforcées. Parallèlement, les intervenantes et intervenants ont insisté sur le rôle de la coopération internationale, qui reste essentielle. Les chaînes d’approvisionnement demeurent en effet internationales, et les efforts de régionalisation menés par certains États n’ont jusqu’à présent rencontré qu’un succès limité. Les réglementations doivent avant tout servir la cybersécurité, sans pour autant nuire à l’innovation ou à la sécurité opérationnelle. Les débats sur la réglementation, la souveraineté et la situation actuelle en matière de menaces constituent des points de convergence importants pour la poursuite des travaux au niveau national.
Échanges avec les partenaires internationaux
Les échanges avec les partenaires internationaux, notamment avec les organisations industrielles et les entreprises technologiques de premier plan, ont porté sur les perspectives de développement concernant le renseignement en matière de cybermenaces et sur l’intensification de la collaboration opérationnelle. Il s’agissait principalement de définir des approches permettant d’améliorer les flux d’information, de mieux mettre à profit les images communes de la situation et d’appliquer de manière plus rigoureuse des mesures de lutte contre les escroqueries et les cyberattaques.
Analyse des évolutions internationales
Il est globalement apparu que des thèmes tels que l’harmonisation des approches en matière de réglementation, la gestion des évolutions technologiques ou la souveraineté numérique continuent de gagner en importance dans le contexte géopolitique actuel et que, bien souvent, des problématiques similaires se posent également au niveau national.




