Semaine 37 : Forte augmentation des escroqueries par rappel, souvent avec les indicatifs 021, 022, 026 et 071
Des messages signalant une facture prétendument émise par Migros, une transaction TWINT suspecte, ou un prélèvement présumé sur le compte bancaire sont envoyés par des escrocs à leurs victimes potentielles. En effet, les criminels tentent de plus en plus souvent d’inciter – par mail ou par SMS – leurs victimes à appeler un numéro de téléphone indiqué dans le message. Dans la conversation qui suit, ils s’efforcent d’obtenir des données sensibles ou de déclencher des paiements. L’OFCS a enregistré une nette augmentation de ce genre de cas ces dernières semaines.
Ces derniers jours, l’OFCS a reçu de nombreux signalements d’escroqueries par rappel. Leur nombre a littéralement explosé ces dernières semaines.
L’escroquerie commence par un mail ou un SMS indiquant qu’un contrat payant a été conclu, qu’une transaction suspecte a été détectée ou qu’un paiement a été effectué. Afin d’inciter les destinataires à réagir rapidement, les escrocs fixent un délai court pour bloquer le prétendu prélèvement ou annuler la transaction. Sinon, le montant indiqué risque d’être débité ou la transaction d’être exécutée. Tout est bien sûr inventé.
Cette arnaque se caractérise par la mention d’un numéro à composer pour toute question ou annulation. Il s’agit souvent de numéros étrangers, mais aussi, de plus en plus, de numéros suisses commençant notamment par les indicatifs 021, 022, 026 ou 071. Les escrocs tentent ainsi de donner une impression de sérieux et de réduire les réticences à les appeler.
Les victimes qui appellent tombent sur un prétendu service d’assistance à la clientèle. Au cours de la conversation, les escrocs essaient d’obtenir des informations sensibles, telles que des données personnelles ou de carte bancaire. Ils s’efforcent également de persuader leurs victimes de leur transmettre des codes de confirmation ou d’accepter des demandes de paiement via TWINT.
Dans certains cas, les escrocs poussent également à installer un logiciel de maintenance à distance, soi-disant pour annuler la facture ou rembourser le montant débité. En réalité, ce logiciel leur permet de s’infiltrer à distance sur l’ordinateur de la victime. Si la personne concernée se connecte ensuite à son service bancaire en ligne, les criminels peuvent suivre la procédure et, selon les cas, accéder eux-mêmes à ce service.
Faux courriels envoyés au nom d’UBS, de TWINT, de Migros et autres
Les variantes des mails frauduleux sont nombreuses. Alors que les criminels envoient souvent de fausses confirmations de transaction provenant prétendument de banques, qui simulent un prélèvement non autorisé, ils ont de plus en plus recours à d’autres expéditeurs et scénarios. Ces dernières semaines, l’OFCS a reçu de nombreux signalements pour des mails frauduleux envoyés au nom de Migros. Il y était affirmé que les destinataires avaient acheté des marchandises d’une valeur supérieure à 765 francs, dont un vin blanc d’un montant d’environ 250 francs. La prétendue facture avait pour but d’inciter les personnes concernées à appeler le numéro de téléphone indiqué. Or, justement, Migros ne vend pas d’alcool. Mais l’importance du montant suffit souvent à susciter un sentiment d’inquiétude.
On observe également de nombreuses fausses notifications envoyées au nom de TWINT ou d’autres prestataires de services de paiement connus. Quel que soit l’expéditeur utilisé, les escrocs poursuivent toujours le même objectif : les victimes sont invitées à appeler le numéro de téléphone indiqué, donnant l’occasion aux criminels de faire pression sur elles et de les inciter à divulguer des informations sensibles ou à autoriser des paiements.
Désactivation difficile
Pour l’heure, l’OFCS ne dispose que de moyens informels pour convaincre les opérateurs téléphoniques de désactiver les numéros de téléphone utilisés à des fins frauduleuses. Il peut certes informer les opérateurs concernés, mais la décision de mettre en place des mesures leur appartient. Cette situation devrait changer avec la révision de la loi sur les télécommunications. Il est en effet prévu de responsabiliser les opérateurs et de les obliger à bloquer ou à désactiver les numéros utilisés à des fins frauduleuses. Il faudra sans doute encore un certain temps avant que ces dispositions n’entrent en vigueur. D’ici là, la vigilance est de mise.
Ne rappelez jamais un numéro de téléphone qui vous est communiqué dans un mail ou un SMS dans lequel on vous met la pression. Si vous avez des doutes quant à l’authenticité d’une facture, utilisez les coordonnées indiquées sur les sites officiels de l’expéditeur présumé, par exemple celui de votre banque, de TWINT, de Migros ou de toute autre entreprise concernée.
Recommandations
- Faites preuve de scepticisme, si vous recevez un mail vous demandant d’effectuer une action, notamment de rappeler un numéro précis.
- Ne laissez jamais une personne que vous ne connaissez pas accéder à votre ordinateur et ne divulguez aucune information confidentielle comme des mots de passe, des données de carte bancaire ou des codes d’accès.
- Les cybercriminels exploitent délibérément la crainte d’une perte financière. Si vous subissez des pressions par téléphone ou par mail, mettez immédiatement un terme à la conversation.
- Si l’on vous a demandé d’installer un logiciel d’accès à distance, désinstallez-le dans la foulée et modifiez tous les mots de passe que vous utilisez sur cet appareil.
- Si vous avez saisi des données de carte de crédit, contactez immédiatement votre fournisseur de carte pour qu’il la bloque.
- En cas de préjudice financier, l’OFCS recommande de porter plainte. Le site web Suisse ePolice vous permet de chercher les postes de police proches de chez vous.
Statistiques et chiffres actuels
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